Militantisme

« Tu te trompes de combat … »

Ce matin, j’étais assise dans le RER, et je regardais mon fil d’actualités Facebook.
Je lisais, et je suis tombée sur un énième même message. Alors j’ai décidé de répondre de façon générale à ces chères personnes (non).

A toutes ces personnes qui nous disent que notre combat est dépassé. Qu’il date d’un autre temps (pas si lointain que cela, mais passons …). Que nous nous trompons de combat.

Voilà ce que je voudrais vous dire : où étiez-vous ? Où êtes-vous au quotidien pour les fameuses « causes importantes qui sont les seules à mériter d’être défendues » ? Pourquoi ne vous vois-je point ? Jamais.

Je vais faire un tout petit rappel.
La première vague, ça date de la fin du 19e siècle (droit de vote, égalité juridique). Soit.
Mais la seconde date du milieu du 20e, et une partie des personnes à cracher sur le féminisme était déjà de ce monde et surtout en âge d’agir lorsqu’il fallait se battre pour le droit à l’avortement. Lorsqu’il fallait lutter pour nos droits (vous voulez faire un point sur les dates ? Parce que cela fait froid dans le dos, je vous préviens).
Où étiez-vous ? On vous entend ouvrir vos gueules, mais étiez-vous de ces combats ? Non. Vous crachiez sur ces féministes qui osaient réclamer le droit de faire ce qu’elles voulaient de leur propre foutu corps. Vous leur mettiez des bâtons dans les rotules. Vous rendiez leur existence et leur combat le plus compliqué possible.

Et vous tou·te·s aujourd’hui, qui crachez sur nous, qui médisez, qui nous insultez, où êtes-vous ? Où êtes-vous quand une femme est tuée sous les coups de son (ex) conjoint ? Quand toutes ces femmes sont violées, chaque heure qui passe ? Où êtes-vous ?
Où êtes-vous quand des femmes sont agressées, battues, maltraitées ? Où êtes-vous quand on remet en question notre droit à avorter ? Quand on nous refuse le droit de faire ce que l’on veut de notre corps ? Où êtes-vous quand on nous interdit de porter ce que bon nous semble ?

OU ETES-VOUS DANS CES MOMENTS-LA, BORDEL DE MERDE ??!

Quand on parle de harcèlement de rue, on exagère. Ah. Bah oui, parce que refuser de se faire agresser sexuellement, c’est tellement abusé ! C’est tellement incroyablement pas important. Au temps pour moi. Et je devrais dire merci en plus. LOL.
Quand on parle d’espace public et du fait que vous occupez l’espace, on exagère. Bah oui, parce que c’est évident que les femmes sont les personnes qui occupent toutes les rues, qui squattent les bancs, qui traînent le soir, qui accaparent les sièges, les lieux. Vos capacités d’observation sont flagrantes.

Fun fact : c’est lié. Votre sentiment de supériorité, d’avoir le droit de tout vous approprier (y compris nos corps), de légitimité à parler de tout ce qui ne vous concerne pas … c’est lié. Votre idée selon laquelle nos corps sont vos propriétés, que seuls vos envies/désirs/besoins sont importants, c’est lié. C’est lié à cette domination patriarcale. Celle que nous combattons sans relâche.

Vous ne supportez pas de perdre vos petits privilèges ? Vous voulez venir pleurnicher de perdre des avantages que vous aviez, à nos dépends ? Et on devrait vous écouter ? Vous plaindre ?
Mais où est-ce que vous vivez ? Dans quel foutu monde narcissique évoluez-vous ?
Vous pouvez crier à l’agressivité féministe, nous troller, nous critiquer … cela ne changera rien.

Et, pour bonus, un petit cadeau : on s’en tamponne le coquillage de savoir si vous aimez ou non nos coupes de cheveux (longs, courts, colorés ou rasés), nos poils (épilés ou laissés poussés), notre (absence de) maquillage, nos tatouages et piercing, nos tenues.
On s’en tape tellement que vous nous trouviez (ou pas) séduisantes, et désirables, si vous saviez … Tant mieux ! Au moins vous ne nous soûlerez pas avec vos dragues merdiques de pseudo loveurs et vos ego fleuris.
Je vais même vous avouer un secret : on ne veut pas de vous. Vous ne nous intéressez pas. Vous ne nous plaisez pas. On ne vous estime pas. On s’en moque royalement de vos avis.

Alors avant de venir vous plaindre en chouinant qu’on est de méchantes personnes aigries qui vous traitent de sexistes (ce qui est pourtant une réalité), avant de nous expliquer quel devrait être notre combat, bougez donc vos culs de vos fauteuils de privilégiés pour défendre les personnes qui subissent les violences. Venez défendre nos droits.
Cessez de nous tuer, de nous violer (parce que oui, beaucoup d’entre vous l’ont déjà fait _ vous savez, quand vous vous en fichez de notre non consentement), de nous violenter, de nous discriminer.

En attendant, fermez bien vos gueules. Et laissez-nous donc agir pour ce qui est le mieux pour nous.

Laisser un commentaire

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s